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Et si l’hypocrisie budgétaire, une fois n’est pas coutume, venait à la rescousse de la croissance européenne? Alors que la zone euro s’est installée dans la stagnation en 2023, les enquêtes de conjoncture ne laissent plus place au doute, surlignant un risque sévère d’approfondissement de la récession l’an prochain. Or à contre-courant, les gouvernements de l’UE, misent presque tous sur un net rebond de la croissance en 2024 pour bâtir leur budget. L’agrégation de leurs hypothèses propulse cette dernière à 1,5%, un chiffre improbable, qui défit tous les pronostics. La France avec son hypothèse discutée et discutable de 1,4% l’an prochain est donc loin de faire cavalier seul.


Cela signifie une seule chose. Aucun gouvernement ne veut ou ne peut s’engager dans une politique de coupe sévère de ses dépenses publiques pour réduire sa dette à  marche forcée. Plus précisément, la décrue des dépenses se limite au reflux des dispositifs de soutien temporaire à la consommation, la désinflation prenant le relai en matière de soutien au pouvoir d’achat. Et partout les recettes fiscales fantômes d’une croissance surestimée embellissent le tableau. Avec pour résultat un déficit moyen de la zone qui s’affiche in extremis sous la barre des 3%.


Même l’Allemagne, habituelle gardienne du temple de la rigueur a bâti son budget sur l’hypothèse improbable d’un rebond de sa croissance à 1,3% l’an prochain, après la baisse de 2023. Elle aussi mise sur la désinflation dans un contexte de forte dynamique salariale pour soutenir sa consommation, ce qui lui permet de détricoter les dispositifs de soutien au pouvoir d’achat mis en place les années précédentes sans pénaliser sa croissance. Ce faisant elle s’en tient au service minimum en matière de rigueur. Surtout, poussant plus loin le contournement des règles, le gouvernement allemand se livre à une véritable double comptabilité depuis la crise sanitaire abondant des fonds satellites qui subventionnent à tout va les entreprises et les ménages. Dans un rapport récent, la Cour fédérale des comptes allemande a pointé du doigt la pratique trop laxiste de ces fonds spéciaux qui permettent au ministère des Finances de contourner à la fois le Bundestag et la règle du « frein à l'endettement ». Ces dépenses hors budget sont devenues le levier principal du soutien public à l’économie. Au premier rang de ces dispositifs,  le « Fonds pour le climat et la transformation » (KTF). Le gouvernement Schultz a décidé d’y allouer 57,6 milliards d'euros supplémentaires en 2024, portant l’enveloppe à 212 milliards répartis sur 4 ans. Un dispositif à l’origine de l'explosion des subventions allemandes, qui représentent près de la moitié de toutes les aides d'Etat versées en Europe.


Même les pays du Nord ne peuvent plus s’offrir le luxe de la rigueur. Et pour cause, ils sont en prou du ralentissement économique européen. La panne du noyau dur industriel allemand diffuse ses effets sur sa périphérie de sous-traitance. A  front renversé avec les crises de 2007, de 2010, ou de 2020, la croissance des pays du Sud surplombe celle des pays du Nord, amortissant le ralentissement européen. Et ce, en dépit des difficultés italiennes. Confrontée à son tour à une menace de désindustrialisation, l'Allemagne tente d'allumer un autre moteur que celui des exportations, en misant sur sa demande intérieure et sur la dynamique de ses marchés rapprochés. Lâchant la bride sur les salaires, et subventionnant son offre, elle joue une partition contra-cyclique atypique, relâchant de la sorte la pression austéritaire sur le Sud.


Après la croissance molle l’Europe inaugure ainsi la récession molle. La rigueur, jusqu’ici au service de la compétitivité allemande, ne viendra pas cette fois-ci enfoncer un peu plus la dynamique de l’attelage européen. Les mécanismes récessifs demeurent à l’œuvre en 2024, mais la pédale de frein vise cette fois ci à en ralentir le film et non plus à l’accélérer et à l’amplifier, comme par le passé.


Publié le mercredi 8 novembre 2023 . 4 min. 40

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