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L’inflation est pour partie affaire de mécanique. À l’instar d’un moteur en surchauffe. Elle résulte de frictions, de phénomènes de résistance entre les mouvements de l’offre et de la demande, générant des pénuries et des enchères qui se diffusent de l’amont à l’aval. Et de facteurs de propagation, les mécanismes d’indexation, la quantité de liquidité, les variations de change. Mais elle ne se réduit pas à cela. Elle comporte aussi une forte dimension stratégique et même géostratégique. Elle peut être une arme de domination. Elle peut être consentie, notamment dans un environnement où les États sont surendettés. C’est sous cet angle qu’il faut scruter l’épisode d’échauffement que nous traversons. Un épisode qui prend une dimension inquiétante et s’amplifie de mois en mois. À l’échelle mondiale, l’inflation a franchi le seuil des 10%. Aux États-Unis, celui des 6% en octobre et dans l’austère Europe, elle approche le seuil des 5% en novembre. Du jamais vu depuis 30 ans. Une dérive inquiétante, mais que nul n’a intérêt à voir déborder.


Le pétrole, pivot de l’inflation mondiale


Face à cela, les grandes banques centrales, qui savent pourtant que le délai d’efficacité de leurs politiques est de l’ordre de l’année, n’appuient pas encore sur le frein. C’est un facteur à prendre en compte dans le risque de persistance et d’amplification. Mais ce n’est pas le seul. Le pétrole constitue le pivot d’une inflation mondial, qui est à ce stade essentiellement une inflation par le coût des matières premières. Beaucoup d’autres matières et matériaux semi-transformés sont indexés sur les cours du pétrole qui demeure la source énergétique névralgique. Le futur de l’inflation est donc largement conditionné par le pronostic que l’on peut faire sur l’or noir. Dans une économie « monde », qui ne tourne pas encore à pleine capacité, où l’offre chinoise est rationnée par la pénurie d’énergie, on pourrait se dire que l’inflation pétrolière n’a pas encore pris toute sa dimension. Mais sur ce marché, éminemment oligopolistique, dominé par quelques grands acteurs, au premier rang desquels les États-Unis, l’Arabie saoudite, la Russie, le Canada, qui à eux quatre représentent 50 % de l’offre mondiale, les États-Unis ont conquis au fil des années 2000 une position dominante et un rôle clé de price maker. Cet ascendant leur a permis notamment de maintenir les cours du pétrole dans un couloir de fluctuation compris entre 50 et 70 $ le baril depuis 2014, dont ils ne sortent que très épisodiquement, à l’occasion de chocs extrêmes. C’est le prix qui convient à leurs producteurs, notamment pour rentabiliser le pétrole de schiste. C’est aussi le prix accepté par le consommateur américain.


Or l’administration américaine n’est plus qu’à 9 mois des midterm. Le renchérissement du coût de la vie devient la source première d’insatisfaction de la population et le terreau de la reconquête républicaine. Les inquiétudes concernant l’inflation à court terme ont atteint un sommet en 13 ans et ont participé à la dégradation quasi continue du climat à la consommation depuis l’été jusqu’en novembre. La relance programmée par Joe Biden menace de buter sur cet écueil. Il y a là un risque politique extrême sur lequel les États-Unis disposent de deux leviers. 1) L’augmentation de l’offre, qui à ce stade ne s’opère que très graduellement. 2) Et la mise en circulation des réserves stratégiques record de 609 millions de barils. D’où la décision du président américain fin novembre de mettre en circulation 50 millions de barils prélevés sur les réserves, la plus importante quantité jamais puisée. Et entre la recrudescence épidémique, la lente remontée de l’offre US et l’ajustement des réserves, les cours ont opéré une décrue, revenant dans leur couloir historique début décembre, sous la barre des 70$, après avoir culminé à 86$ début novembre.


Le rôle de la Chine


Autre source d’inquiétude, la position quasi monopolistique de la Chine sur le lithium et le cobalt, névralgiques pour les batteries, ainsi que sur les terres rares dont elle concentre 85% de la production mondiale. La Chine pourrait-elle utiliser cette position dominante pour favoriser l’inflation sur ces matériaux et extraire plus de valeur sur le reste du monde ? Assoir sa domination sur l’appauvrissement et l’affaiblissement économique de l’Occident. C’est un risque à terme, certes, mais qui n’est pas à l’ordre du jour. La stratégie chinoise est celle au contraire du dumping sur ces intrants névralgiques pour consolider sa position monopolistique, freiner l’entrée de nouveaux concurrents et les velléités de relocalisation de la filière des semi-conducteurs et des batteries en Occident. La Chine a besoin de ces faibles coûts en amont pour assoir sa compétitivité et sa croissance est trop dépendante de ses débouchés externes pour jouer la stratégie d’étouffement de ces derniers.


Bref, d’un point de vue stratégique, l’heure est plutôt à la stabilisation des prix des matières premières. Le tournant est déjà en train de s’opérer. Et l’inflation devrait commencer à en porter la marque dès le début de 2022.
 


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