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La France peut-elle se passer de nucléaire ? Sur le papier, oui. Dans les faits, non. Regardons d’abord à gros trait l’équation énergétique d’une France qui serait décarbonée en 2050.


Prenons comme point de départ 2019, année de consommation énergétique normale, non affectée par le covid. Cette consommation finale énergétique était d’à peu plus de 1 600 TWh. Si nous maintenions notre potentiel de croissance et que nous restions sur les gains d’efficacité énergétique que nous observons 20 ans, cette consommation serait de l’ordre de 1 400 TWh à l’horizon 2050. La stratégie nationale bas carbone française, elle, vise une diminution de 40%. Soit une cible de 930 TWh de consommation. C’est une hypothèse héroïque qui suppose un volontarisme exemplaire. Et qui fait figure de scénario très optimiste en comparaison de ce que programment nos voisins européens. Cet élément est important. Ayons comme point de repère que de se situer en 2050 à mi-chemin entre la tendance engagée et l’objectif ultra-volontariste, soit 1200 TWh, serait déjà positif.


Produire davantage à base de 100% renouvelable : possible, mais problématique


Deuxième élément à mettre au dossier. Notre acquis en termes de production décarbonée. La France produisait déjà en 2019 un peu plus de 500 TWh d’électricité sur des procédés non émetteurs de gaz à effet de serre. Dont 399 de nucléaire, 56 d’hydraulique, 35 d’éolien et même 40 en 2020, et 12 de solaire.


Troisièmement, décarbonner exige de renoncer à la quasi-totalité des énergies fossiles dans notre mix. Nous en consommons plus de 970 TWh à ce jour. Ce qui induit une électrification massive des usages. Dans les transports, le chauffage, les procédés industriels. Il ne s’agit pas pour autant d’un tout électrique. Les projections actuelles tablent sur une production de ces énergies de substitution de l’ordre de 350 à 400 TWh : aux énergies fossiles se substitueront aussi du biométhane, de l’hydrogène, des gaz de synthèse, des biocarburants, de la biomasse, etc. Sachant que ces sources alternatives exigent de faire appel à de l’électricité pour être produites. Sur cette base, la France devra être en mesure de satisfaire une consommation finale d’électricité de l’ordre de 650 TWh en 2050, au minimum, si l’on croit à l’objectif de baisse de 40% de la consommation… et sans doute nettement plus. On peut considérer qu’il existe une marge de sous-estimation qui va jusqu’à 200 TWh, notamment si l’on tient compte des besoins toujours croissants du numérique. Sur cette base, les besoins supplémentaires d’électricité décarbonée sont donc compris dans une fourchette de 150 à 350 TWh par rapport à l’existant pour la France.


Produire 150 à 350 TWh sur la base exclusive des énergies renouvelables, notamment l’éolien et le photovoltaïque, est-ce possible matériellement ? A priori, oui. L’Allemagne produit déjà plus de 230 TWH sur la base de ressources renouvelables. Et certains scénarios à 2050 prévoient jusqu’à 600 TWh d’électricité renouvelable. Sur une superficie terrestre inférieure d’un tiers à celle de la France. Sans parler de l’espace maritime qui représente moins de 8% de celui français. Possible, mais très problématique sur le plan paysager, lorsqu’il s’agit d’éolien terrestre, en termes de conflit d’usage, avec la pêche pour l’éolien en mer ou avec l’agriculture pour les parcs photovoltaïques. Est-ce possible à un coût compétitif ? Sur la base des seuls coûts de production, oui. Les réacteurs de 3e génération ont vu leur coût augmenter et ceux des énergies renouvelables diminuer. Mais les sources intermittentes induisent des coûts de réseau et des moyens supplémentaires pour gérer la flexibilité. Leur coût système est encore supérieur à celui du nucléaire. Elles reposent de surcroit massivement sur les technologies importées.


Le parc nucléaire doit être remplacé, au moins en partie


Possible donc, mais problématique, sauf que cette équation n’est pas la bonne. La puissance française de nucléaire installée n’est pas un acquis. Loin de là. Pour maintenir une production de l’ordre de 380 à 400 TWh, la France devra inévitablement remplacer un certain nombre de réacteurs. L’âge moyen du parc est de 36 ans. La fermeture des réacteurs de deuxième génération autrement, dit de la majorité des installations qui assurent aujourd’hui nos besoins, est une contrainte industrielle à l’horizon 2050-2060, même si leur durée de vie peut être étirée jusqu’à 60 ans. Ce démantèlement du parc existant diviserait par 4 notre potentiel existant, le ramenant de 61,4 GW à 16 GW pour une production qui serait ramenée à une centaine de TWh. Maintenir une capacité de 50 GW suppose la mise en service de 14 EPR et de plusieurs petits réacteurs modulaires, dont la puissance est comprise entre 50 et 300 mégawatts électriques. Un chantier comparable, quoique plus étalé, à celui qu’a relevé la France entre la fin des années 70 et la fin des années 80, et qui doit être lancé aujourd’hui s’il veut être réalisé dans les temps.


C’est la donne française. Soit elle joue le déclassement nucléaire et elle doit doubler voire tripler ses objectifs déjà élevés en termes d’éolien et de photovoltaïque, avec de fortes zones d’incertitudes en termes de conflit d’usage, d’acceptabilité et une forte dépendance aux technologies importées. Soit elle joue la carte nucléaire, relançant une filière sur laquelle des avantages sont déjà constitués, même s’ils sont affaiblis, reprenant pied de surcroit sur un marché mondial en plein essor. Bref, si les discours ont brutalement basculé sur le nucléaire, c’est bien par principe de réalité.


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