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La Grèce toujours à terre après les punitions européennes

Publié le lundi 30 mai 2022 . 5 min. 55

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La Grèce est officiellement sortie de ses mémorandums en juin 2018. Ces fameux plans de rigueur et de dérèglementation impitoyables que lui infligeaient depuis 2010 ses partenaires pour rendre son économie euro compatible.


Un pays a priori sans problèmes


Pour ceux qui voudraient se convaincre que cette thérapie de choc a porté ses fruits et feraient commencer l’histoire à la sortie de la curatelle européenne, les arguments ne manquent pas. La croissance grecque recolle à la moyenne européenne à partir de ce moment. Percutée comme les autres par le covid, son économie a plongé plus profondément, compte tenu du poids du tourisme dans son économie, mais a démontré la même capacité de récupération que les autres, appartenant au club des pays qui ont restauré fin 2020 leurs niveaux de PIB de l’avant covid. Son taux de chômage, même s’il demeure très supérieur à la moyenne européenne, est sur une pente de récupération indéniable, semblant donner quitus à ceux qui plaidaient pour une réforme de son marché du travail.


Et loin de ses errements financiers passés, le pays a fortement rééquilibré sa balance des paiements, même si les freins touristiques et le renchérissement des matières premières dégradent depuis 2020 ce résultat. Et du point de vue de la dette publique, le pays a plutôt démontré une bonne capacité de contrôle en dépit du « quoi qu’il en coûte » inhérent à la gestion de la crise sanitaire. Et pour cause, de 2016 à 2019, le pays a généré un excédent budgétaire, s’invitant dans la vertu nordique.
Bref, la Grèce offre la façade d’un pays sans problème et se fait oublier. L’histoire est passée. Elle serait sur un chemin de normalité. Et débarrassée de ses incuries, les investisseurs étrangers porteraient même un intérêt renouvelé, pour ce marché du Sud longtemps délaissé, comme en témoigne la montée en puissance de l’investissement direct qui lui aussi se normalise par rapport au Portugal ou à l’Espagne.


Une extrême paupérisation en bas de l’échelle


On peut certes s’endormir sur cette histoire myope. Mais il suffit de prendre un tout petit peu de recul sur les données pour réaliser à quel point cette narration passe à côté de l’essentiel. Deux chiffres à eux seuls suffisent à nous replonger dans le drame grec qui est loin d’être achevé.


Si le PIB grec a recollé fin 2021 à son niveau d’avant covid, il n’en demeure pas moins en retrait de 24% encore de son point haut de 2008. C’est abyssal ! Replaçons ce résultat dans le contexte européen. La Grèce était en 2008 un pays dont la richesse par habitant était à 94% du niveau moyen européen, et à 80% du niveau allemand, au voisinage de l’Espagne et de l’Italie. C’est en 2021, une économie en bas de l’échelle européenne, dont le PIB par tête représente moins de 65% de la moyenne UE, soit un peu plus de la moitié du niveau allemand, reléguée derrière la Croatie, la Bulgarie et ne dépassant que d’une courte tête la Roumanie, pays le plus pauvre d’Europe.


Est-il nécessaire de préciser qu’avec une telle perte de ressources, ce sont tous les revenus individuels qui sont atteints ? Démentant l’adage qui veut que les salaires nominaux soient rigides à la baisse, ces derniers ont dévissé de 18% de 2010 à 2021 quand ils progressaient de 25% en zone euro ou de 32% en Allemagne. Et dans un des pays les plus inégalitaires d’Europe, cela signifie une extrême paupérisation en bas de l’échelle. Dans ces conditions, la part de la population active en privation matérielle et sociale grave atteint encore aujourd’hui des proportions considérables. La Grèce figurant entre la Bulgarie et la Roumanie aux extrêmes de cet indicateur européen de détresse.


Un pays groggy


Et pour cause, les dépenses publiques ont été l’arme numéro 1 de la purge voulue par l’Europe. Encore une fois, c’est en niveau absolu qu’il faut aborder cette dimension. En 2019, ces dépenses étaient encore en retrait de 32% par rapport en 2009. Du jamais vu. Ce sont tous les compartiments de la dépense publique qui ont fait l’objet de coupes dramatiques. Le choc budgétaire est d’une telle violence qu’il en devient irréel. Et si les coupes sociales peuvent sembler de moindre ampleur, elles se produisent alors que l’emploi et les rémunérations se dérobent. La population a été projetée dans l’abime, sans parachute, alors même qu’elle disposait avant 2008 d’un des systèmes de protection en matière d’assistance, de chômage, de logement ou de santé, parmi les plus indigents d’Europe. En coupant les retraites qui constituaient le seul point d’accroche des Grecs dans le cadre de la solidarité familiale, sans développer les autres branches de la protection sociale, le gouvernement n’a laissé aucune chance à sa population.


C’est au regard de cet effondrement qu’il faut considérer les performances récentes de l’économie grecque. Et force est de constater que le remède de cheval n’a pas engendré un rebond de cheval, tout juste une petite croissance de pays mature alors qu’on lui promettait le rattrapage. En vérité le pays est groggy : exode de cerveaux par centaines de milliers ; un investissement encore en recul de 60% par rapport à ses niveaux de 2008 ; une saignée de l’emploi industriel et une migration sur les services, notamment ceux liés au tourisme ; des investissements directs qui font main basse sur des actifs déjà existants dans le cadre des privatisations…


Si la Grèce se voulait un laboratoire des politiques de l’offre, alors elle en serait une vitrine catastrophique. Et sa base productive reste encore à bâtir.


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