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08/03/201905:16

Des pays bons élèves, dans une Europe bonne élève d’une mondialisation libérale…. Ce fut la ligne directrice de la construction européenne durant plus d’un quart de siècle. La concurrence comme aiguillon de l’économie de la connaissance et de l’innovation, la fiction d’un monde plat, où la nationalité du capital importait peu, ont eu la vie dure. Et l’Europe sort à peine de sa torpeur, secouée par une crise majeure, celle de 2008, et traversée par des forces centrifuges nationalistes sans précédent.


« Pour une Renaissance européenne »


La lettre d’Emmanuel Macron « pour une renaissance européenne » est symptomatique de ce changement de regard de l’Europe sur elle-même et sur le monde. Sa phrase « jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. Et pourtant, jamais l’Europe n’a été autant en danger » a fait mouche. C’est bien autour de l’idée de protection que s’organisent les proposition de relance : remise à plat de l’espace Schengen, Conseil de sécurité européen associant le Royaume-Uni, agence européenne de protection des démocraties, supervision européenne des géants du numérique, préférence européenne en matière de politique de la concurrence pour protéger les intérêts stratégiques, « bouclier social », banque du climat, force sanitaire européenne indépendante… L’essentiel du discours est bâti sur le renforcement des défenses immunitaires de l’espace européen.


L’Europe sort peu à peu se sa candeur. Elle voit se dresser des blocs nationaux et régionaux, surarmés dans le domaine des technologies de l’information, qui abordent la mondialisation sur un mode guerrier et volontariste. Chaque jour apporte sa pierre dans cette prise de conscience.


Chine, USA et Japon mobilisent leurs forces et leurs capitaux


L’Europe a face à elle un capitalisme d’État chinois à la conquête du leadership sur les secteurs névralgiques du capitalisme contemporain : dans le digital, avec les BATX, elle a dupliqué les géants américains ; dans les énergies renouvelables et de stockage elle investit le double des États-Unis ; dans l’aéronautique, l’automobile, le ferroviaire, elle défie tous les pronostics en matière de rattrapage et d’acquisition. L’an dernier, le constructeur chinois Geely, déjà propriétaire du suédois Volvo, est devenu à la surprise générale premier actionnaire de l'allemand Daimler. L’État chinois se donne 5 à 10 ans pour prendre le leadership mondial en matière de véhicules électriques connectés et autonomes. Et elle déploie sans faiblir les routes d’acheminements qui lui permettront de s’emparer des marchés tiers, notamment Européen.


L’Europe a face à elle une Amérique bien décidée à relocaliser la production sur son marché intérieur face au choc de titan qui s’engage avec la Chine, et à protéger ses secteurs stratégiques. Une Amérique qui saisit trop tardivement que l’internationalisation du capital est un formidable levier de diffusion de l’innovation qui se retourne aujourd’hui contre son leadership technologique.


L’Europe a face à elle un Japon qui est reparti à l’offensive. La consanguinité du capital, les alliances transnationales sont devenues encombrantes dans cette période de réarmement industriel. La vassalisation est perçue comme un risque majeur à un moment où les choix d’investissement peuvent signer l’arrêt de mort d’une industrie. L’affaire Carlos Ghosn, sans préjuger de son issue strictement juridique, a été déclenchée à point nommé. Elle fragilise une alliance encombrante, et fait figure de point d’aboutissement d’un processus engagé depuis 2015, d’élimination de la primauté des intérêts français dans la gestion de Nissan.


L’Europe, toujours en ordre dispersé


Au moment même où les blocs nationaux ou régionaux mobilisent leurs forces et leurs capitaux pour garder la maitrise du jeu, c’est une Europe fractionnée qui s’engage dans la bataille. Le terme « défense des intérêts stratégiques » devient autorisé dans le langage Européen. L’Allemagne prend conscience que la mise en liquidation judiciaire de la Grèce tourne à l’avantage des intérêts chinois. L’État néerlandais fait irruption par surprise dans le capital d’Air-France-KLM, les départements franciliens s’allient pour acquérir une minorité de blocage dans le cadre de la privatisation d’Aéroport de Paris… Tout démontre que la nationalité du capital est redevenue un enjeu décisif. A cela près, que l’Europe, avance une fois de plus en ordre dispersé. Or, face au réarmement industriel mondial, l’Europe a besoin d’unir ses capitaux pour faire masse et relever le défi du rattrapage ou de la survie. C’était précisément ce qui s’est joué avec la tentative de fusion entre Alstom et Siemens. Et son issue nous en dit long sur le chemin que l’Europe doit parcourir pour être en ordre de marche face à la bataille qui s’engage.


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Mots clés : Economie mondialeGéopolitique / géostratégieEurope / Zone euroChineMondialisationEtats-UnisJaponCapitalNationalismeCarlos Ghosn

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