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Le bon vieux concept de croissance potentielle, aussi critiqué soit-il, continue à imprimer sa marque sur nos raisonnements avec une autorité qui ne se dément pas. La crise a sapé les potentiels des pays avancés. Et la reprise actuelle serait déjà en train de buter sur des capacités étriquées. Nous continuons ainsi à commenter nos économies, comme si elles étaient dominées par les lois physiques de l’industrie. Comme si les entreprises fonctionnaient essentiellement en puisant dans le panier fini des ressources humaines et financières nationales. Comme si la productivité et sa mesure relevaient d’une science exacte. Ces réflexes sont vivaces…


Aux États-Unis, les bulles devancent les tensions capacitaires


Et pourtant, prenons d’abord le cas de l’économie américaine. Les pics du taux d’utilisation manufacturier n’y cessent de décroître cycle après cycle. Pourquoi ? Surement parce que l’explosion récurrentes des bulles devance systématiquement l’irruption de véritables tensions sur les capacités. De fait, la phase de surchauffe, ce moment où l’économie tourne à plein régime, à pleine capacité, est de moins en moins repérable. Ce point d’orgue de la reprise, celui où le surcroît de demande est converti en accélération de l’inflation, doublé d’un durcissement monétaire, a systématiquement été devancé par l’irruption des crises financières. Sûrement aussi parce que la limite même des capacités est de plus en plus insondable pour les entreprises :


1. elles externalisent les composantes les plus variables et standardisables de leur production. Augmenter la production est dès lors de moins en moins assujetti à une décision d’embauche ou d’investissement, notamment quand les modèles d’affaires à coûts fixes gagnent du terrain ;
2. elles fonctionnent de plus en plus à flux tendu avec des délais d’ajustement très courts.


Enfin, les limites véritables de la croissance sont difficiles à identifier dans une économie qui navigue très en-deçà de ses pics passés de taux d’emploi, qui multiplie les bullshit jobs, le freelance d’appoint, autant de jobs qui peuvent demain se reclasser ailleurs, paraît une gageure. Si la demande s’accélère aux États-Unis, rien ne nous dit que cette économie ne saura pas mobiliser ou redéployer les ressources nécessaires sans tensions majeures. Et c’est bien ce qu’elle a démontré jusqu’ici, en dépit du gros coup d’accélérateur budgétaire de Trump.


Le cas de l’Europe


Prenons ensuite le cas de l’économie européenne qui peut donner la sensation de pousser ses cycles jusqu’à maturité, puisque les taux d’utilisation flirtent avec leurs pics historiques à chaque retournement. La zone, en fait, accompagne les fluctuations de l’économie mondiale sur un mode adaptatif. L’industrie règle au plus fin ses capacités, ses stocks dans un souci de rationalisation extrême. Et à chaque souffle de reprise, dans cette zone à flux tendu, à effectif resserré, les tensions apparentes surgissent rapidement, dans l’industrie du moins, sans générer d’inflation.


Ces tensions ne sont dès lors plus les symptômes d’une économie tournant à plein régime. Elles ne signalent en rien ce plafond de verre, qui bornerait nos possibilités de croissance. La France est emblématique de cela. Force est de constater, que même si nos compteurs de tensions physiques (taux d’utilisation des capacités de production, difficulté d’embauche) semblent se tendre rapidement, les tensions inflationnistes, elles, relèvent encore de la pure spéculation. La difficulté à embaucher ne signale pas un butoir physique irréductible. Elle traduit simplement le fait que la difficulté d’embauche est inhérente à la décision d’embaucher, et qu’en phase de croissance, une proportion croissante d’entreprises y est confrontée.


Comme aux États-Unis, le taux de chômage n’est plus le bon indicateur de tension sur le marché du travail, puisqu’une proportion croissante de la population survit sur des mini-jobs ou de l’auto-entrepreneuriat précaire. Comme aux États-Unis, les capacités internes d’une entreprise limitent de moins en moins ses perspectives de croissance puisque les coûts variables sont de plus en plus externalisés. Et comme aux États-Unis, le ralentissement apparent de la productivité, reflète d’abord la faible mise en tension de l’offre par la demande, plutôt qu’un problème d’essoufflement du progrès technique.


Pour l’heure, il faut bien admettre que nous ne savons plus grand choses de nos potentiels. Et que seule une stabilité financière bien hypothétique sur longue période nous permettrait d’en prendre la mesure.


Publié le mercredi 24 avril 2019 . 5 min. 07

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