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La guerre de tranchées climatique et énergétique

Publié le mercredi 24 novembre 2021 . 5 min. 03

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La prise de conscience de l’urgence climatique est générale. Limiter le réchauffement climatique à moins de 2% est devenu le point de ralliement de la planète. Et le simple énoncé de cet objectif suffit à mesurer la radicalité du défi et l’incroyable inconséquence de nos stratégies à petits pas.


Pas de neutralité carbone sans une électricité entièrement décarbonée


Pour avoir 50 % de chances de tenir +1,5°C, il reste huit ans d’émissions. Cet objectif est bien sûr déjà compromis, on le sait. Nous n’avons même pas opéré le début de la descente et les émissions de gaz à effet de serre ont quasiment regagné en 2021 le terrain perdu avec la crise sanitaire. Elles culminent encore à moins de 1% de leur record absolu de 2019. Limiter le réchauffement à +1,7°C ouvre un horizon de 20 ans, objectif plié lui aussi. C’est donc l’horizon de 30 ans qui fédère aujourd’hui. Celui qui permettrait en théorie de limiter le réchauffement à +2°C.


Cela veut dire à l’horizon de trois décennies de parvenir à la neutralité carbone. Et donc, a minima :


- d’éradiquer les énergies fossiles et de ne garder qu’un reliquat sur lequel les pays sont en mesure d’organiser une capture efficace des émissions,
- de bâtir un mix électrique entièrement décarboné (à base de renouvelable ou à défaut de nucléaire),
- de remplacer tout le parc des moteurs atmosphériques et du chauffage au fuel,
- de révolutionner les process de la sidérurgie, responsable de 7 à 9% des émissions mondiales, et des cimentiers responsables de 6% des émissions, etc.


Sans cela, il faut faire une croix sur le climat. Les faits sont têtus. Le chantier de l’électricité étant névralgique. On peut faire toute l’isolation thermique possible, convertir tout le parc automobile, faire basculer l’aéronautique sur l’hydrogène (source qui demande une quantité d’énergie considérable pour être produite), la neutralité carbone sera inatteignable tant que l’électricité ne sera pas entièrement décarbonée. Nos objectifs du climat sont reliés pas des « et » et non par des « ou ».


La COP, grand catalogue d’intentions


Au regard de cela, on mesure le chemin à accomplir et le caractère encore balbutiant des grand-messes internationales. La COP 26 en est symptomatique. Grand catalogue d’intentions, qui n’engagent pourtant que ceux qui y croient, puisqu’elles ne sont pas contraignantes, ses conclusions nous permettent de mesurer à quel point, nous sommes loin et même très loin des clous en matière de climat :


1. Si toutes les contributions de la COP26 étaient réalisées, les émissions mondiales dépasseraient en 2030 d’un peu plus de 10 % leur niveau de 2010 alors qu’il faudrait les réduire de 45 % pour être sur une trajectoire limitant le réchauffement global à 2 °C.
2. Nous en en somme encore au stade où évoquer « la sortie des énergies fossiles » fait figure d’exploit diplomatique. Encore cette expression n’est-elle réservée qu’au charbon. Et ni la Chine, ni l’Inde, ni l’Indonésie, ni la Turquie (qui prévoient de construire nombre de nouvelles centrales dans les prochaines années), ni les États-Unis n’ont souscrit explicitement à cet objectif.
3. Quant aux autres sources fossiles, le seul engagement qui est pris, c’est de ne plus participer à l’extension des capacités à l’étranger. On est loin d’un repli de la voilure. Enfin, en matière de transferts Nord Sud, de permis et de financement, c’est l’inertie qui l’emporte encore.


Sur les incontournables de la politique climatique, nous en sommes encore à mener une guerre de position et à accoucher d’avancée millimétrique COP après COP. Or, il faudrait pourtant que dès à présent toutes les économies du monde soient à pied d’œuvre. Pleinement engagés dans cette grande transformation. Au premier rang desquelles, la Chine, les États-Unis, l’Inde, la Russie, responsables à eux seuls de 55% des émissions mondiales. Avec la conscience que chaque retard a cela de particulier : il produit des effets non réversibles. Il n’y aura pas de session de rattrapage.


À la vacuité de l’action se substituent l’inflation des discours, le fameux « bla-bla », les slogans, les labels verts. La Novlangue écologique (responsabilisation du consommateur, RSE pour les entreprises, initiatives locales, Greenfin…) pénètre toutes les dimensions de la politique et de la société et prétend transfigurer le capitalisme. De tous petits pas, là encore. Et beaucoup de bruit faisant diversion, pendant que la caravane du capitalisme carboné poursuit tranquillement son cours.


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