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ACCUEIL ECONOMIE Décryptage éco Le grand gâchis de...
https://player.vimeo.com/video/356137501?autoplay=1 Olivier-Passet-Le-grand-gachis-de-l-Allemagne-export-des-capitaux-faiblesse-de-l-investissement-306345974.jpg
04/09/201905:00

La zone euro, c’est une région à fort excédent courant… autrement dit à fort excédent d’épargne par rapport à l’investissement qu’elle déploie sur son territoire. Une épargne qui finance de fait la croissance du reste du monde et participe à l’affaissement des taux d’intérêt à long terme à l’échelle mondiale. La position financière de la zone en sort renforcée, à court ou moyen terme, mais c’est au détriment de son potentiel de croissance, à l’heure où le rattrapage numérique, les impératifs de la transition écologique nécessitent des moyens considérables.

C’est au détriment aussi de la convergence des économies européennes, cette épargne n’étant que très partiellement recyclée sur les pays retardataires. Et c’est au bénéfice des autres régions du monde dont le rattrapage à marche forcée menace, à terme, nos positions exportatrices. Il s’agit de la sorte d’un faux point fort, qui signale avant tout la tiédeur de l’espace européen à s’engager dans les investissements qui consolideraient son avenir et son indépendance technologique, alors même que les taux d’intérêt sont au plus bas.

L’Allemagne, la coupable ?

L’Allemagne est au cœur de la formation de ce déséquilibre. Il ne s’agit pas ici de stigmatiser un coupable mais plutôt de pointer la difficulté à organiser la parade politique qui permettrait de convertir cette épargne en un renforcement du système productif européen. L’excédent courant allemand navigue au-dessus de 7 % du PIB depuis plus de 7 ans. C’est colossal. Derrière cela, il y a une propension à épargner élevée, et croissante, des ménages et des administrations publiques et des entreprises. Et face à cela, un effort d’investissement stable en apparence, résultat honorable en première analyse, pour un pays en déclin démographique.

Sauf que ce statu quo de l’investissement n’est qu’un trompe l’œil. Un trompe l’œil qui recouvre en fait 1/ un renchérissement du prix de l’immobilier, lequel agit à la hausse sur la part du revenu national consacré à l’investissement résidentiel, c’est-à-dire à l’investissement non productif. 2/ Une part de l’investissement en équipement qui s’érode sur longue période. 3/ Surtout, un très fort affaissement de l’investissement en infrastructures, privées et publiques. Et derrière cette tendance, c’est la composante investissement public qui est la plus problématique. Depuis 10 ans, l’Allemagne est le pays d’Europe qui consacre la plus faible part de son PIB à l’investissement collectif. Et c’est surtout un des rares pays, avec la Grèce, l’Italie ou le Portugal, dont l’effort d’investissement depuis 10 ans ne compense même pas l’usure des infrastructures installées.

Beaucoup de ratés outre-Rhin

Autrement dit, l’Allemagne rate l’occasion de transformer la rente de ses réformes en investissement d’avenir. Le pays passe à côté de son ambition d’être le leader de l’industrie 2.0 et de la transition écologique et par là même d’entrainer l’espace européen dans son sillage. Ce sera le grand ratage des années Merkel. Au lieu de cela, l’Allemagne, cramponnée sur son vieux modèle de réussite carboné, vit aujourd’hui les vicissitudes d’un pays qui n’a pas su transformer son temps d’avance dans la réforme, en temps d’avance dans son modèle productif, comme les craquements des derniers trimestres en témoignent.

A défaut d’avoir su recycler son épargne en interne, elle a laissé les marchés arbitrer l’orientation de son épargne. Et cette dernière, on le sait, n’a pas d’avantage irrigué l’économie européenne, comme nous avons eu l’occasion de le souligner dans de précédentes vidéos. Depuis 2010, les investissements en portefeuille allemands sont dirigés à 43% hors zone euro, à 44% vers le Benelux, et à 13% vers les autres économies de la zone. Idem pour les investissements directs ventilés à 44% hors zone euro, à 41% vers le Benelux et à 15% vers les autres pays de la zone. Les capitaux allemands prennent donc massivement le chemin des pays extrazone ou de la plaque tournante du Benelux, qui elle-même ne recycle que le quart de ses capitaux vers la zone euro.

Un énorme gâchis, auquel seul l’Allemagne peut remédier. Pour cela, il faudrait que le gouvernement allemand change radicalement de ligne concernant sa politique d’investissement public et d’équilibre budgétaire. C’est un débat qui monte en puisance, comme l’a signalé récemment Adrien de Tricornot dans une de ses chroniques. Un débat qui peut produire des effets, mais des effets qui risquent de demeurer très en-deçà de l’ampleur de l’enjeu au plan européen.


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Mots clés : Europe / Zone euroInvestissementAllemagneAngela MerkelCapitauxExistant

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