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Hyper-concentration, hyper-valorisation : les géants de la Tech semblent aujourd’hui invulnérables. Ils façonnent la sphère productive et la société selon leur vue, édictant les normes, les standards, configurant les usages, générant de nouveaux besoins, créant de nouvelles dépendances, de nouvelles addictions. Et ils font main basse sur toutes les innovations qui comptent. À l’instar des grandes manœuvres de Microsoft, déversant des milliards sur OpenAI pour accélérer l’intégration des solutions de cette firme dans sa suite Microsoft. Les GAFAM occupent maintenant tous les points névralgiques de ce qui fait système dans le cyberespace : les systèmes d’exploitation, les services cloud presque intégralement contrôlés en Occident par Amazon, Microsoft ou Google, les solutions d’intelligence artificielle, le développement des ordinateurs quantique, etc. Et chaque avancée génère de nouveaux besoins cumulatifs de mise à niveau des systèmes existants, de sécurité, de maintenance. Un certain nombre de ces entreprises se retrouvent maintenant en situation de quasi-monopole naturel compte tenu des coûts fixes déjà engagés et de la transversalité des services qu’elles rendent à l’économie monde.


Un secteur proche de sa maturité


En avril 2023, la capitalisation boursière de la Tech et de Amazon réunis, représente à elle seule près de 29% du total S&P 500, l’indice phare américain. Un poids considérable à relier à la trajectoire de valorisation des entreprises de cet écosystème. Le krach des valeurs technologiques de 2022, qui sanctionne l’euphorie du Covid, ne change rien à la tendance de fond. Face à l’engouement, le secteur doit sans cesse entretenir l’idée que l’âge de l’eldorado est devant lui. Que l’intégration des solutions ne cesse de démultiplier les potentialités de marché, lui permettant de franchir de nouveaux sauts qualitatifs et d’investir toujours plus profondément les process d’entreprises pour sa face B2B et les usages des particuliers pour sa face B2C. Depuis trois décennies, nous ne serions qu’au début de la grande vague. Et les rocks-stars du secteur, d’Elon Musk, à Bill Gates en passant par Marc Zuckerberg, à coup de buzz médiatique, relancent régulièrement le mythe de la nouvelle grande déferlante qui va refaçonner le monde, reléguant le smartphone au rang d’antiquité.


Un discours en étrange décalage avec ce que l’on observe aujourd’hui. L’actualité est ponctuée de nouvelles qui incitent à penser au contraire que le secteur est proche de sa maturité. Avec la chute violente des ventes de micro-ordinateurs en début d’année 2023, mais aussi de smartphones et de tablettes, un mouvement entamé en 2022. Ce retournement en lui-même ne permet en rien de préjuger de la suite. On en connait les causes : suréquipement des années Covid, dégradation du climat de la consommation. Mais il confirme que le segment des terminaux est sorti de sa zone de croissance extensive imperméable au cycle de l’économie. Comme d’autres secteurs matures, il alterne maintenant les phases de renouvellement et de repli, renforçant l’âpreté de la concurrence, puisque la lutte se déplace depuis une décennie maintenant sur la part de marché. Cette inflexion n’est certes pas nouvelle. Et elle ne livre qu’une vision très parcellaire. L’enjeu de la croissance se situe ailleurs : en amont du côté des data center et des serveurs, et en aval du côté de la puissance embarquée et de l’intelligence artificielle qui permet de démultiplier les usages.


Un temps de cerveau disponible limité


Or c’est bien de ce côté-là aussi que le bât blesse. L’écosystème digital est confronté à deux grandes limites :


1. Le gigantisme des infrastructures matérielles qui le sous-tendent l’expose, comme toutes les autres industries, aux contraintes de ressources et aux coûts induits par la lutte contre le réchauffement climatique.
2. Le temps de cerveau disponible qui lui non plus n’est pas extensible à l’infini.


Et c’est sans doute cette seconde dimension qui est la plus pénalisante. Les usages numériques sont chronophages, des réseaux sociaux au jeu, en passant par la consommation de contenu en ligne. Ce temps est la ressource rare qui permet aux modèles dits « biface » de traquer nos données personnelles et les monétiser sur leur face payante. Et les plateformes se livrent maintenant à une lutte de plus en plus âpre pour capter ce temps qui entre en rivalité avec d’autres temps sociaux difficilement compressibles. Les récents déboires de Meta, concernant notamment le potentiel de développement rapide du Metavers, ou de Twitter, nous rappellent que ces plateformes elles aussi occupent un espace qui arrive à maturité, exacerbant la concurrence sur un marché où il n’y a pas de place pour tout le monde et où il y aura des morts.


Dernière limite enfin, ce qui constitue la ressource vitale de nombreux modèles d’affaires du Web : la publicité. La croissance de cette dernière est indexée sur la croissance de l’économie, limitant là encore le déploiement des plateformes.


Manias, Panics and Crashes : c’est le titre d’un célèbre ouvrage de Charles Kindleberger, nous rappelant que chaque grande vague d’innovations, à l’instar de celle des chemins de fer, s’est accompagnée d’une euphorie entrepreneuriale et financière, conduisant inexorablement à des surcapacités et à une correction sévère, où l’État intervient et reprend la main sur des infrastructures essentielles, qui relèvent de monopoles naturels. Le numérique offre aujourd’hui le visage de la toute-puissance, comme les patrons turbulents qui le pilotent. L’histoire nous rappelle de son côté que l’euphorie n’est jamais très éloignée de la chute.


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