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ACCUEIL ECONOMIE Décryptage éco Retour de l'inflation : LA...
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02/06/202105:58

Voici que l’inflation, cet ancien poison, se voit de plus en plus érigée en remède. Cela ne date pas d’aujourd’hui. Certains économistes, non des moindres comme Olivier Blanchard, appellent à rehausser les cibles d’inflation depuis plus de 10 ans déjà : le but étant de redonner plus de latitude aux banques centrales pour détendre les taux en cas de choc grave et du même coup d’alléger la pression sur les États en termes de relance. Car il est vrai que le régime de faible inflation et de faible taux bute sur le plancher des taux zéro. La crise pandémique l’a à nouveau montré. Si le niveau des taux d’intérêt est historiquement faible, celui des taux réels est moins extraordinaire, aussi bien en termes de niveau que d’amplitude de baisse au regard de l’ampleur du choc.


Pourquoi l’inflation est dédiabolisée


Mais si l’inflation est dédiabolisée aujourd’hui c’est surtout pour deux raisons :

1. Premièrement, nous avons maintenant le recul sur un régime long de faible étiage de l’inflation et de faibles taux d’intérêt qui a suivi le long épisode de décrue des années 1980 à 2000. Ce régime a été clairement favorable à la stabilité des changes et à la prospérité financière, mais il l’est bien moins du point de vue de la croissance réelle des économies et de l’équité. La surmobilisation du levier d’endettement par les détenteurs d’actifs a boosté les plus-values mobilières et immobilières. L’inflation s’est reportée sur les prix d’actifs, piégeant les économies dans une fuite en avant téméraire à la Ponzi. Avec pour effet collatéral des distorsions de richesse de plus en plus criantes et une barrière de prix de plus en plus infranchissable pour les classes moyennes et les plus jeunes en matière d’acquisition d’un logement. La richesse des uns bloque l’accès à l’actif réel le plus essentiel au bien-être du reste de la population. A contrario, la période de turbulence des années 60-80, de règne de l’illusion monétaire, moins corsetée au plan financier, s’avère rétrospectivement moins préjudiciable à la croissance que le régime permanent d’inflation zéro. À l’exemple de l’Italie, qui a tiré profit de toute la phase d’instabilité des changes, puis de décrue de l’inflation et des taux jusque dans les années 2000, mais qui s’enfonce depuis.

2. La seconde raison de la réhabilitation de l’inflation est bien entendu liée à l’explosion de l’endettement des États depuis 15 ans. Face à cela, on le sait, l’inflation est l’instrument le moins douloureux d’érosion du fardeau financier. 4% d’inflation avec des taux nominaux à 1% sur la dette déjà émise, cela permet de réduire mécaniquement de 20 points le ratio dette sur PIB en 8 ans, période durant laquelle court en moyenne la dette de l’État.


L’inflation, un remède au QE sans fin


Le risque de cette solution de facilité, c’est bien entendu de faire plonger les marchés, un risque qui peut virer au chaos systémique. Mais c’est un risque qui peut être fortement atténué si la phase de montée de l’inflation n’est pas assortie d’un resserrement brutal de la politique monétaire. Or, élever l’orbite d’inflation, c’est précisément tolérer une phase de remontée des prix sans réaction rigoriste de la banque centrale. Le freinage vient plus tard, lorsque l’inflation surplombe sa nouvelle cible. Ce que l’on peut espérer durant cette transition, c’est une dépréciation graduelle du prix réel des actifs. C’est la fenêtre de tir pour les banques centrales pour faire rentrer la finance dans son lit et remonter des taux nominaux en douceur, les repentifier aussi, puisque les taux longs incorporent les anticipations d’inflation haussière, tandis que les taux courts n’intègrent que partiellement la remontée de l’inflation instantanée. Une condition sine qua non pour que les banques restaurent leurs marges d’intérêt et retrouvent un modèle d’affaires viable sans l’artifice du Quantitative Easing (QE) et des taux de refinancement négatifs. Bref, l’inflation est aussi une issue pour sortir du piège d’un Quantitative Easing sans fin. Il faut en quelque sorte une nouvelle anomalie transitoire pour espérer à terme normaliser la finance. Accélération de l’inflation et remontée lente et différée des taux, c’est le cocktail qui permet d’espérer de corriger sans krach brutal l’hypertrophie de la finance. C’est aussi ce qui permet aux prix relatifs de l’immobilier de revenir dans la norme et de déverrouiller/démocratiser l’accès à la propriété.


Tout cela reste néanmoins, à l’épreuve des faits, une manœuvre à haut risque :

- parce que sortir de l’inflation zéro au-delà de l’épisode temporaire de la surchauffe post-covid c’est aussi s’attaquer à la boucle prix-salaire, à la gouvernance d’entreprise, à la pression concurrentielle. Sans cela, le désir d’inflation des autorités monétaires risque une fois de plus d’alimenter la bulle financière ;
- parce que pour les pays européens, l’absence de flexibilité du change auto-correctrice, contrairement aux années 60-90, risque de dégrader la compétitivité et d’étouffer le rebond des pays inflationnistes et de renforcer l’ascendant productif du nord ;
- parce que comme tout processus de désamorçage, celui de la finance par l’inflation peut finir en conflagration.


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