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Retraite à 60 ou 65 ans : l'envers du décor

Publié le lundi 28 mars 2022 . 5 min. 49

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Retraite à 60 ans d’un côté, portée par Marine Le Pen ou Jean Luc Mélenchon et 65 ans de l’autre, portée par Emmanuel Macron. Le débat du second tour s’enflammera vraisemblablement sur ce grand écart. Avec cette idée trompeuse que 5 ans de durée de vie au travail séparent ces deux camps. Malheureusement, on le sait, rien n’est simple dans la retraite.


La question de l’équité, au premier rang des débats et des négociations


Partons de la situation actuelle. Avec un âge légal de 62 ans et un nombre d’annuités de cotisation requis programmé pour atteindre 43 ans. Pour les générations nées après 1973, si l’on a commencé à cotiser à 20 ans, sans interruption de carrière, on partira à 63 ans avec une retraite à taux plein vers 2036. Pour ceux qui ont commencé à travailler après 22 ans, ou après 20 ans et qui ont eu plus de 2 ans d’interruption de carrière… Les femmes le plus souvent, c’est déjà 65 ans au mieux et 67 ans au pire.


En supposant que Macron ne touche pas la durée de cotisation, déjà parmi les plus élevées d’Europe, qui serait affecté par sa réforme ? Aujourd’hui, l’âge moyen de départ en retraite avoisine 62 ans (bientôt 63), le gros de la bascule s’opérant entre 61 et 62 ans où la part des retraités dans ces deux tranches d’âge bondit de 31 à 65%, pour des générations qui avaient commencé à cotiser vers 20 ans et dont la proportion à avoir mené des études supérieures longues ou courtes inférieures à 29%.


La génération née après 1969 à qui s’adresse la réforme n’a pas les mêmes caractéristiques. Ces quinquagénaires aujourd’hui ont commencé à cotiser à 22 ans, voir 22 1/2 ans pour ceux nés après 1970. Avec un accès à des études supérieures, retardant leur entrée dans la vie active plus généralisé que dans les générations précédentes. Ce qui signifie que près de la moitié d’entre eux ne peut prétendre à une retraite avant 65 ans, dans le cadre actuel. Et dans ce contexte, on peut estimer que l’augmentation seule de l’âge légal à 65 ans n’affecte que très marginalement la moitié des prochaines générations de retraités. Les plus diplômés, plutôt cadres ou de qualifications intermédiaires. La réforme Macron entend conserver les dérogations actuelles concernant le handicap, la pénibilité, les carrières longues, les retraites progressives, etc., mais reste floue sur la révision des seuils qui aujourd’hui permettent d’avancer l’âge de la retraite à 55, 58 ou 60 ans. La seule chose certaine, c’est que tous ceux qui ont commencé à travailler avant 22 ans, plutôt moins qualifiés, seront davantage impactés par la réforme. La question de l’équité sera donc au premier rang des débats et des négociations avec les partenaires sociaux. Un dispositif qui a vocation à faire économiser une vingtaine de milliards à terme, mais qui a surtout pour but de rouvrir le dossier du paramétrage des régimes spéciaux. Supposons maintenant que la durée de cotisation soit allongée à 45 ans. Tout le monde est à la peine. Mais travailler jusqu’à 67-70 ans devient une norme. Autant dire qu’il y’aura du grincement.


Troisième tour social


C’est à l’aune de ces éléments qu’il faut considérer la réforme proposée par Marine Le Pen, initialement 60 ans avec 40 ans d’annuités et qui s’est transformée en une formule plus dosée :


- pour ceux qui ont commencé à travailler entre 17 et 20 ans : taux plein dès 60 ans avec 40 annuités ;
- pour ceux qui sont entrés entre 20 et 24 ans, montée graduelle de 40 à 42 ans du nombre d’annuités requis ;
- statu quo ensuite pour ceux qui sont entrés en emploi à 25 ans et plus.


Coût d’une dizaine de milliards, qui concentre les gains sur les moins qualifiés et la classe moyenne.


Réforme à front renversé du point de vue social en comparaison de Macron dont on critiquera le fait qu’elle rend encore plus ardu le bouclage financier, à contre-courant de ce qui se passe ailleurs.


Il n’y a finalement que Jean Luc Mélenchon qui porte véritablement le projet d’une retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisation. Dans ce cadre, tout le monde ne part pas à 60 ans à taux plein, et notamment pas les générations qui en large majorité ont commencé à travailler à plus de 20 ans. Mais tout le monde bénéficie de la réduction, les diplômés à études longues comme les moins qualifiés. La réforme de Mélenchon est la plus homothétique, mais bien sûr aussi la plus coûteuse : sans doute plus de 30 milliards d’euros à terme. Largement financée par les riches retraités morts, au moment de la transmission. L’équité est au rendez-vous donc. Mais le procès en inefficacité fera rage.


Il est bien prématuré pour dire quel duel animera le second tour. Une chose est sûre, c’est que le troisième tour social, lui, risque d’être enflammé.


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