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La transition climatique porte en germe de gros risques d’instabilité financière pour au moins trois raisons.


Une mauvaise synchronisation offre/demande d’énergie fossile


La première est déjà manifeste. C’est le risque de mauvaise synchronisation entre l’offre et la demande d’énergie fossile. Le rebond de nos économies en porte déjà la marque. Il conserve la structure de consommation d’énergie d’avant crise. En revanche, les signaux de politique publique ont accéléré le redéploiement des investissements des grands producteurs d’énergie vers les énergies non carbonées renouvelables ou nucléaire. Le décrochage des investissements dans les énergies fossiles est déjà palpable. Et face au rebond de la demande de pétrole et de gaz naturel, l’offre s’ajuste très lentement. Le pic d’offre semble devancer le pic de demande. Et l’accélération de l’inflation s’enracine aujourd’hui sur ce déséquilibre.


Ce problème de désynchronisation risque de s’étirer. Le renouvellement des parcs de chauffage, de transport, d’équipement industriel qui conditionne la décarbonation de la demande prendra du temps. Pour les producteurs en revanche, la probabilité d’un déclassement à horizon de 10 ans des nouveaux investissements, notamment de prospections dans les énergies fossiles, plombe l’extension des capacités et incite à un redéploiement vers les énergies. Ce processus est lui-même semé d’incertitudes. On le voit aujourd’hui avec l’irruption du conflit ukrainien, où sur un marché déjà tendu, les risques pesant sur les approvisionnements en pétrole et en gaz russe créent un déséquilibre majeur, non compensable par les autres producteurs. Aucun producteur de substitution n’a en effet intérêt à engager des capacités sur des marchés voués au déclin à horizon rapproché, y compris sur le gaz qui n’est qu’une étape, à horizon 2030, dans le processus de décarbonation. Or, le renchérissement du prix des matières premières, dans un contexte de concurrence exacerbée, cela veut dire affaiblissement de la profitabilité des secteurs qui ne peuvent répercuter intégralement la hausse des coûts sur leur prix de vente, et donc par ricochet de la bourse. Cela veut dire aussi une hausse des anticipations d’inflation qui déstabilise les prix d’actifs.


Un processus de décarbonation peu prévisible


La seconde source de désordres financiers réside dans la faible prévisibilité du processus de décarbonation. Les marchés intègrent peu à peu le concept d’actifs échoués : les industries du charbon, du pétrole, les raffineurs, de grands groupes de la métallurgie, les cimentiers notamment doivent gérer le déclassement programmé de leurs immobilisations. Les marchés ont intégré cette perspective. En témoigne la sous-performance des valeurs énergétiques ou des industries lourdes. Mais elles l’intègrent comme un processus graduel et linéaire. Or, le processus risque d’être très erratique et brouillé par des signaux contradictoires.


Contradictoires du point de vue de la profitabilité à court terme. Le renchérissement des ressources fossiles peut booster des bénéfices et dividendes des grands pétroliers, comme c’est le cas aujourd’hui pour TotalEnergies ou Exxonmobil, freinant le repositionnement des investisseurs sur des énergies propres moins lucratives.


Contradictoires aussi sur le plan politique et réglementaire. Champ sur lequel risquent d’alterner les phases de stop-and-go. Le tiraillement entre l’influence des lobbies, les intérêts nationaux des pays producteurs et l’irruption d’évènements catastrophiques — qui déclencheront avec un temps de retard par rapport à l’agenda souhaitable des changements de cap brutaux — produit un sentier imprévisible pour les investisseurs. Le nucléaire en est l’illustration type, où en l’espace de quelques années, on est passé du bannissement à la suite de Fukushima à l’accélération depuis la crise sanitaire. Un cours politique erratique que modifie encore l’insécurité des approvisionnements en gaz naturel induite par la brutale détérioration des relations avec la Russie. Mais un revirement qui n’est pas à l’abri d’un accident nucléaire imprévisible.


L’irruption d’innovations


La troisième grande source de désordre financier enfin tient au fait que la programmation du sentier zéro carbone peut à tout instant être impactée par l’irruption d’innovations en matière de capture des gaz à effet de serre, en matière de génération et de stockage électrique (en cas d’avancée sur la fusion nucléaire par exemple) ou encore dans le domaine des biocarburants. Innovation, cela veut dire aussi forte probabilité d’exubérance des marchés sur des solutions prometteuses dont les marchés survalorisent parfois les potentialités, du moins à court terme. Cela veut dire aussi brutale dépréciation de solutions qui paraissaient disposer de marchés déjà conquis. Cela veut dire enfin une redistribution des atouts géoéconomiques.
Bref, pour la finance qui surpondère les horizons courts, le processus de transformation climatique ressemblera plus à un chaos qu’à une transition douce et graduelle.


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