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L'ère de l'outrance : le règne du radicalisme sur les réseaux sociaux

Publié le lundi 6 décembre 2021 . 4 min. 33

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« Tout ce qui est excessif est insignifiant » combien de fois Talleyrand a été, et est encore citée pour avoir dit cela ? Il faut dire qu’en faisant l’éloge de la modération, cette pensée semble touchée par la grâce de la sagesse.


Mais qu’en est-il à l’heure d’Internet et des réseaux sociaux ? Cette pensée si soyeuse à l’oreille n’est-elle pas sur la voie du déclin ?


Aujourd’hui, la prime médiatique va presque naturellement à l’exagération. Du rugueux à l’injurieux, du transgressif au subversif. Ce qui marque les esprits, c’est la force du trait. En plongeant le tweet dans la plaie non seulement on existe, mais le temps d’un instant, on capte l’attention, on prend l’ascendant.


Dans ce monde hyperconnecté, la société du spectacle a trouvé un nouvel espace d’expression où la pensée excessive fait son show. En libre accès permanent, on assiste à la surenchère du sensationnel. Peu importe la probité de son auteur et la rigueur de son élaboration. Ce qui compte, c’est l’effet de surprise, c’est l’impact émotionnel généré. Du pain béni pour les médias traditionnels qui résistent difficilement à l’envie de les commenter H24.


Désormais, la comédie humaine se joue aussi à travers les écrans. Tout le monde peut y accéder. Vous pouvez commenter et rediffuser tous ce qui vous plaît, tout ce qui renforce vos convictions, vos opinions et vos croyances. Ce faisant, vous vous prenez au jeu d’identifier pour mieux disqualifier ceux qui pensent différemment, surtout s’ils ont l’outrecuidance d’être aussi motivés que vous.


Internet se transforme alors en un vaste champ de bataille. Une sorte de Squid Game où les règles d’une impressionnante facilité contrastent avec la violence des propos échangés.


Comment en sommes-nous arrivés là ? Est-ce l’offre qui créa la demande ou bien à l’inverse ? L’accès immédiat à pléthore d’informations non hiérarchisées entre-elles avec la possibilité de réagir en temps réel est-il l’origine d’autant de véhémence à moins que ce soit la nature humaine qui ait trouvé là un moyen d’exprimer publiquement et souvent anonymement sa vraie nature ?


Il est possible que ces deux hypothèses fassent cause commune. D’abord parce qu’il n’est pas certain que l’on puisse vivre avec des idées auxquelles on croit modérément. Face à un océan de mots et d’images, une prise de position extrême confère à son auteur un sentiment d’audace, peut-être même une raison d’être existentielle.


Ensuite, la simple possession d’un smartphone connecté est une source inépuisable de frustration pour toutes les victimes du consumérisme. L’accès illimité à des choses et des situations dont l’existence était jusqu’alors inconnues ou approximatives permet de se comparer en mesurant instantanément l’écart social entre différentes catégories de population. Face à ce sentiment d’injustice, il est possible qu’un emportement frénétique ait des vertus apaisantes.


Et puis Internet c’est l’agora communautariste par excellence. Chacun ayant la possibilité de s’exprimer avec un minimum de filtres, les clusters d’idées se forment naturellement avec le souci d’augmenter quantitativement leur visibilité. Dans ce contexte, la radicalité catégorielle prospère en faisant un usage intensif du fameux biais de confirmation.


Internet apparaît alors comme le grand marché des concurrences idéologiques révélant ainsi à quel point les tendances profondes du cerveau instinctuel ou « reptilien » de l’espèce humaine sont proches de la surface.


En encourageant une forme d’esprit critique déradicalisée et en sollicitant la part noble et compassionnelle de notre condition humaine Internet est en soi une chance pour l’humanité. Mais dans le contexte actuel, est-il possible de déradicaliser sans radicalité ?


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