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Faut-il lutter contre l'inflation par des aides de l'Etat ?

Publié le mardi 21 juin 2022 . 5 min. 20

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Politique budgétaire et politique monétaire à fronts renversés ? C’est la question que l’on peut se poser lorsque l’on scrute les impulsions de politique publique aujourd’hui. En apparence, l’attribution des rôles semble respectée. D’un côté face à l’inflation qui s’aggrave, la BCE, dans le sillage de la FED, a précisé son agenda de remontée des taux, conformément à sa mission de gardienne du temple de la stabilité des prix. De l’autre, le gouvernement saupoudre les aides ciblées pour atténuer les effets de la stagflation sur les populations les plus vulnérables. Politique de soutien au pouvoir d’achat, donc de support à la croissance. Face à la stagflation qui menace, la BCE se consacre au traitement de l’inflation, le gouvernement au traitement de la stagnation.


Banques centrales / États : des rôles désormais inversés


Il ne faut pas bien longtemps cependant pour démonter cette illusion de façade. Premièrement, les banques centrales, même si la remontée des taux directeurs de la FED à la mi-juin est présentée comme musclée, ne s’acquittent même pas de leur mission minimale : faire en sorte que les taux à court terme protègent les épargnants de l’érosion de l’épargne par l’inflation à court terme. Les taux d’intérêt réels (c’est-à-dire les taux d’intérêt courts diminués de l’inflation) sont très loin d’être positifs. Or, ce serait la condition pour que l’on puisse commencer à parler de politique restrictive. Quand je dis loin, c’est très très loin, avec des taux d’intérêt réels qui aujourd’hui sont dans les abysses, à des profondeurs jamais observées après-guerre. À ce niveau, c’est la dette qui s’érode, les débiteurs qui sont protégés, les entreprises dont la rentabilité prospère par l’effet de levier qui évitent un retournement fatal… et au bout du compte c’est bien la croissance et l’emploi que la Banque centrale soutient en retardant la crise de solvabilité qui menace les investisseurs.


Du côté des États, même inversion. Ces derniers jouent la partition d’un soutien fléché en apparence sur les personnes et la consommation. Ces interventions prennent la forme de transferts sous condition de ressources vers les ménages les plus vulnérables (chèque énergie, indemnité inflation, exonération des primes), améliorant le pouvoir d’achat des bénéficiaires. Et surtout, de mesures générales (bouclier tarifaire, baisse de la TVA sur les carburants) qui agissent directement à la baisse sur les prix. Selon l’Insee, ces mesures réduisent de 2 points l’inflation, expliquant le gros du différentiel avec la moyenne européenne. Ce faisant, cette politique fournit un appui précieux aux entreprises :


1. en tempérant les revendications salariales, y compris l’indexation réglementaire du SMIC (basée sur l’indice des prix à la consommation) ;
2. en délestant les entreprises d’une partie des charges induites par la hausse des salaires, notamment à travers le dispositif de « prime Macron » ;
3. en sauvegardant leurs débouchés.


Comme lors du « quoi qu’il en coûte du Covid », et notamment avec le dispositif de chômage partiel, ces transferts aux ménages sont surtout des transferts déguisés aux entreprises, qui sont délestés de leurs charges salariales. Et in fine, ces aides se transforment en pare-feu contre l’inflation. En créant un dérivatif qui atténue le risque de diffusion de l’inflation sur les salaires, la fameuse boucle-prix salaires.


L’État, collaborateur zélé des banques centrales


Résultat de cette politique : des banques centrales dont la mission principale est maintenant de maintenir l’impunité de la finance et de couvrir ses dérives. Des États qui s’endettent pour se substituer aux banques centrales dans leur mission de stabilisation des prix. Une bonne idée pour certains que l’on pourrait encore perfectionner. Mais est-ce vraiment le cas ?


Du côté positif de la balance, la France, se livrant à cette inversion avec plus de zèles que d’autres, récolte un résultat rare dans son histoire : se retrouver en bas de l’échelle européenne en termes de hausse de prix et des coûts du travail. Confortant la tendance engagée depuis 2014, de réduction relative de ses coûts unitaires, vis-à-vis de ses partenaires. Meilleure compétitivité-prix donc. Mais avec des effets très diffus et de second ordre sur son commerce extérieur, il faut bien en convenir, puisque le cœur de son problème de compétitivité est hors prix.


Et du côté négatif de la balance, il y a le fait que cette politique qui coûte un argent autrement plus « de dingue » que les aides sociales conventionnelles prend le dessus sur sa politique d’investissement, en faveur des infrastructures (des transformations climatique et numérique notamment) ou dans les solidarités intergénérationnelles auxquelles on oppose le mur de la dette. Il y a aussi une surexposition de l’État à un risque de taux qui est à son paroxysme aujourd’hui.


Et in fine, ce que l’on pourrait qualifier de nouvelle « politique sociale de l’offre » devient une politique qui dévoie l’État de ses missions essentielles, le transformant en collaborateur zélé des banques centrales, dans leur mission chaque fois plus ardue de sauvegarde de la finance.


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