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25/06/201905:16

Allocation dégressives pour les cadres, est-ce une bonne idée ? A la base de cette réforme, il y a trois constats simples.


1. Les cadres demeurent plus longtemps au chômage que les chômeurs les moins qualifiés :
575 jours en moyenne pour ceux qui touchent plus de 5 000 euros d’allocation, contre 281 jours pour ceux qui touchent moins de 1 000 euros, selon pôle emploi, alors même que le chômage des cadres est particulièrement faible. Un écart lié d’abord au fait que les cadres bénéficient d’une plus grande stabilité de leur emploi, ce qui leur permet de prétendre à l’intégralité de leurs droits et au fait que la part des plus de 50 ans, pénalisée en termes d’embauche, est surreprésentée dans la population à haut niveau d’indemnisation.
2. Alors que les chômeurs indemnisés touchant plus de 3 000 euros d’allocation mensuelle brute représentent 2,6% du nombre des allocataires, ils pèsent pour près de 10% des versements.
3. La France dispose de l’allocation maximale la plus élevée d’Europe, à l’exception de quelques petits pays.


Petit réglage comptable sur les cadres


Sur la base de ces trois constats, la réforme semble relever du bon sens, d’un strict point de vue comptable. A quoi, il faut ajouter le fait que la dégressivité a déjà été testée en France entre 1992 et 2001. Or, même si l’évaluation de ce dispositif a déjà révélé qu’elle n’avait pas d’impact sur la vitesse de retour en emploi demeure l’exception des plus qualifiés. Ceux qui disposent en effet d’un filet de sécurité d’épargne suffisant pour prospecter plus longtemps afin d’éviter un déclassement professionnel. Ajoutons à cela que le dispositif demeure dosé. Il s’agit d’une décote de 30% à partir du 7ème mois d’indemnisation. Dont seront épargnés les plus de 57 ans et dont les effets seront atténués par un mécanisme de plancher. Au mieux, peut-on reprocher à ce stade au nouveau dispositif de n’avoir un impact financier que de second ordre. De l’ordre de 200 000 euros, sur les 3,4 milliards d’économies recherchées par le gouvernement.


Petit réglage comptable donc, qui a le mérite pour le gouvernement de donner le sentiment qu’il a reporté le gros de l’ajustement financier de l’assurance chômage sur les plus nantis. Avec l’espoir que la polémique voilera le cœur de la réforme : le durcissement des conditions d’indemnisation, qui ciblent de fait les plus précaires et leur font porter le gros de l’ajustement 1) puisqu’il faudra désormais avoir travaillé 6 mois au lieu de 4 au cours des 24 derniers mois pour avoir droit à une indemnisation et 2) puisque les conditions de recharge des droits seront durcies.


Un bouleversement de l’assurance chômage


En fait, c’est lorsque l’on interroge les principes de l’assurance chômage que la réformette prend toute sa dimension. Macron est un réformateur pointilliste. Chaque point peut sembler mineur. Mais lorsque l’on prend du recul, l’image prend forme. Et la réforme du chômage des cadres n’est qu’un point parmi de multiples autres points. Depuis un an, les sources de financement de l’assurance chômage ont été profondément remaniées. Depuis octobre 2018 a été parachevée la bascule des cotisations chômage des salariés sur la CSG. Les salariés ne cotisent donc plus directement au chômage. La CSG, assise sur une base bien plus large de contributeurs et de revenus prenant le relai. Seules demeurent les cotisations employeur, qui elles même disparaissent au 1er octobre au niveau du SMIC. 1/ Les salariés sont sortis du jeu et 2/ les cotisations chômage deviennent progressives. Ce faisant, le principe assurantiel, selon lequel chaque salarié est supposé être couvert à hauteur de sa contribution, elle-même indexée à son salaire, qui fondait l’assurance chômage est mort. Et cette première étape annonçait une seconde. Si le financement n’est plus rattaché au salarié, il n’y a plus aucune raison que son indemnité soit proportionnée à son salaire. Avec les cadres, nous passons au deuxième stade du plan.


Pris dans sa globalité, le plan bouleverse l’assurance chômage et la transforme de plus en système de solidarité entre salariés à forte employabilité et ceux à faible employabilité. Les cadres contribuaient déjà bien plus au financement du système qu’ils ne percevaient d’allocations avant la réforme, du fait de faible probabilité à tomber au chômage et de leur haut niveau de contribution. La réforme renforce encore leur contribution nette au système. Et maintenant que l’État et les employeurs sont devenus les deux acteurs exclusifs du financement de l’UNEDIC, se pose la question de savoir jusqu’où sera poussée la mue du système.


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Mots clés : Politique économiqueEmploi, salaires, travail ChômageRéformeCotisationsAssurance chômageIndemnisationsCadresAllocataires

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