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Le secteur de la banque et de l’assurance est aux avant-postes du mouvement de dématérialisation qui anime nos économies : informatisation généralisée des process, massification des données, usage d’algorithmes sophistiqués assurant des transactions automatisées, et que l’on peut assimiler aux prémices de l’intelligence artificielle.


Dès les années quatre-vingt, les analystes sont saisis par la vitesse des bouleversements et les pronostics vont bon train, prophétisant la fin de la banque physique, un tsunami destructeur sur l’emploi, une hyper-concentration du secteur. Les processus décisionnels étant largement fondés sur des modèles mathématiques déterministes, tout paraît automatisable et « robotisable » et notamment toutes les tâches de back-office de saisie des données et de traitement des données, tous les métiers de guichet supplantés par les automates et les services en ligne, les métiers du trading ou de l’analyse de données, etc.


Et il est vrai que le bouleversement a bien eu lieu. Les courtiers en bourse, les opérateurs de saisie des transactions, les calculateurs de marges qui opéraient manuellement ont été balayés ; idem pour les métiers de caisse en front-office rendus obsolètes par la diffusion des distributeurs automatiques. Sans parler des traders, les fameux golden-boys, star des années quatre-vingt, ringardisés en l’espace de quelques années. Bref, la finance a expérimenté avant les autres secteurs les affres et les opportunités du numérique et surtout de l’intelligence artificielle, faisant figure d’éclaireur.


L’emploi n’a finalement pas été balayé


Pourtant son évolution invalide toutes les prophéties alarmistes des années 80, les mêmes que l’on plaque aujourd’hui sur le reste de l’économie avec l’irruption de l’IA.


Premier constat, en dépit de tous les bouleversements de métiers, l’emploi dans le secteur financier au sens large n’a pas été balayé, loin de là. Prenons les cas français, britannique et américains. Sur longue période, l’emploi continue à progresser de part et d’autre de l’Atlantique, et résiste à haut niveau au Royaume-Uni. D’abord parce que la mue du secteur a drainé de nouvelles compétences, fortement qualifiées, dédiées à la digitalisation : data scientists avec l’essor de la collecte massive de données, analystes quantitatifs pour l’évaluation des risques ou le profilage des stratégies d’investissement, développeur concernant notamment les algorithmes de trading et les systèmes de gestion des risques, analystes en cybersécurité, experts en finance comportementale, etc.


Ensuite parce que, concernant le front office, l’automatisation a moins détruit l’emploi qu’elle n’a réduit les files d’attente face à des guichets physiques saturés et en incapacité de nouer un échange de qualité avec la clientèle. On l’oublie souvent, la technologie permet d’abord de soulager l’engorgement des systèmes, maintenus sur des fonctions basiques et dysfonctionnelles, faute de moyens suffisants. Tous comme les chatbots ne font qu’évacuer les questions les plus récurrentes qui saturent le système, permettant de personnaliser et d’améliorer les échanges interpersonnels. Et in fine, en dépit de la robotisation des prestations basiques via les automates, la disparition si souvent annoncée des guichets physiques n’a pas eu l’ampleur annoncée. Les conseillers clientèle, dédiés au placement de produits et de services de plus en plus sophistiqués ont juste supplanté les guichetiers d’antan.


Le cœur de métier de la finance s’est déplacé


L’outil numérique a ainsi permis de dégager des ressources pour démultiplier les prestations, sophistiquer l’offre adressée à la clientèle. Cette dernière s’est notamment déplacée vers le conseil, la gestion ou la couverture des risques. Le secteur s’est finalement enrichi en tirant parti de sa complexité et de son instabilité spéculative croissante, pour monnayer de nouvelles prestations y remédiant. Nouveaux problèmes, nouvelles solutions, c’est toute l’ironie de secteurs qui s’enrichissent sur leurs propres dysfonctionnements. Le cœur de métier de la finance s’est déplacé vers la gestion de fonds qui a pris l’ascendant sur le métier d’intermédiation historique (autrement dit, prélever l’épargne pour prêter). Le chiffre d’affaires du secteur financier s’est déplacé vers les commissions facturées à la clientèle, tandis que l’épicentre du secteur a dérivé vers la gestion d’actifs.


Enfin, et peut-être surtout, le métabolisme interne de la finance, non directement dédié à la clientèle, a explosé. Les volumes de transactions quotidiens atteignent des montants vertigineux se comptant en dizaine ou centaines de milliards sur les marchés interbancaires, les marchés de change, ou d’actions, et même à plus de 6000 milliards de dollars sur les marchés dérivés. Une explosion liée à l’interopérabilité croissante des systèmes, au pricing en continu, à l’affolement induit des opérations d’arbitrage et surtout à la montée en fréquence des opérations jouant la micro-seconde. Il est loin le temps de la compensation manuelle et de la corbeille qui n’ouvrait que 2-3 heures le matin et l’après-midi. C’est in fine cette hyperinflation des transactions internes à la finance, qui mobilise au premier chef les hommes et les ordinateurs, gonflant les process, mais avec à la clé une productivité du secteur qui fait pâle figure, quand on la mesure sur la base de l’output final.


Et si l’on raisonne par analogie, on se dit que la diffusion de l’intelligence artificielle a moins vocation à détruire les emplois qu’à transformer nos organisations en fourmilières agitées, avec une utilité sociale qui reste à démontrer.


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