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Où va l’économie en termes de pouvoir d’achat ? Pour répondre à cette question encore faut-il comprendre ce qui s’est produit jusqu’à aujourd’hui…. Et ce n’est pas une mince affaire. Ce que nous dit l’Insee est plutôt contre-intuitif. Le pouvoir d’achat demeure en zone positive sur un an en dépit du haut niveau de l’inflation et du repli graduel des soutiens gouvernementaux. Et loin de donner le sentiment d’être étranglés en puisant involontairement sur leurs encaisses, les ménages ont continué à épargner au-dessus de la normale.


Le résultat est d’autant plus surprenant que l’INSEE utilise ici comme indicateur des prix à la consommation, ce que l’on appelle le déflateur et non l’indicateur usuel de l’indice des prix à la consommation. Or cet indicateur, sensible à la structure des dépenses, augmente actuellement nettement plus que l’indice des prix usuel (7% contre 5%), les ménages ayant tendance actuellement à consommer moins d’alimentaire et plus d’automobile et de loisirs, au prix unitaire plus élevé. Autant dire que la convention de l’Insee tend à écraser le pouvoir d’achat. Si l’on utilisait l’indice standard, le fameux IPC, le pouvoir d’achat serait en progression de plus de 3% par unité de consommation en T2.


Derrière cela un revenu disponible en progression sur un an de presque 9% au premier semestre, c’est du jamais vu depuis 25 ans. Mais comment est-ce possible avec un salaire de base dont l’Insee et la Dares situent la progression à 4,6% au second semestre ?


Même en tenant compte de la croissance de l’emploi de presque 1% sur un an, du renfort des primes de partage de la valeur ajoutée, dites prime Macron. Qui ajoutent 0,2 points à la hausse de la masse salariale au 1er semestre, de l’accroissement des heures sup, et probablement des effets de structures, qui propulsent la hausse de la masse salariale à 6,5%, cela n’explique comment la hausse du revenu disponible des ménages frôle 9%.


Une décomposition par grands flux permet de très vite identifier ce qui a produit ce résultat remarquable. En tous les cas ce ne sont pas les transferts sociaux, notamment les retraites, pour la plupart indexés avec retard sur l’inflation qui produisent ce résultat : La source numéro 1 c’est la très forte progression des revenus financiers nets (grâce à la hausse des intérêts et des dividendes reçus. Tandis que les intérêts versés sur la dette ont peu augmenté, figés par les taux fixes. Des revenus recapitalisés, ce qui explique aussi la bonne tenue de l’épargne. Deuxième source : la faible progression des impôts et des cotisations sociales, qui peut s’expliquer 1/ par le fait, côté impôts, que les hauts revenus ont été favorisés par l’indexation du barème sur l’inflation, la défiscalisation des primes  et par la progression de la part des revenus financiers soumis à la flat tax de 30%.  Et côté cotisation sociale, par le fait que la hausse des salaires a été supérieure à proximité du SMIC, là où les allégements sont maximaux. La troisième source est-elle beaucoup plus mystérieuse : l’explosion des revenus fictifs liés aux activités des ménages comme producteurs de services domestiques, notamment en tant qu’employeurs de personnel, ou comme producteur d’un service de logement destiné à eux-mêmes en tant que propriétaire. Pure convention comptable, ce flux qui n’a pas de réalité concrète dans la vraie vie monétaire des ménages explose pour une raison étrange : les coûts intermédiaires inhérents à ces activités se seraient littéralement évaporés, contribuant pour 1,6 point à la hausse des revenus et du pouvoir d’achat au premier semestre. …Anomalie, erreur, circonstances exceptionnelles… impossible de le dire à ce stade. Mais autant dire que l’affichage flatteur du pouvoir d’achat repose aujourd’hui sur des sables mouvants.


Alors que dire, sur cette base, sur le pouvoir d’achat en 2024 : il sera certes soutenu par un salaire qui indexé sur l’inflation passée, devrait de progresser légèrement plus vite que l’inflation courante qui décélère. En revanche, l’emploi en très léger reflux ne devrait plus soutenir le revenu des ménages. Les primes Macron qui avaient procuré 5 milliards aux ménages en 2022 et sont déjà en repli en 2023 devraient plomber le pouvoir d’achat en 2024, ne bénéficiant plus des mêmes avantages fiscaux. Les prélèvements obligatoires devraient quant à eux retrouver sa neutralité, ne boostant plus le pouvoir d’achat. Enfin, les revenus nets du patrimoine pourraient légèrement reculer, avec la stabilisation des taux créditeurs et la montée  graduelle des charges d’intérêt au passif. Quant à l’anomalie concernant les revenus des ménages-producteurs, autant dire que le miracle statistique ne jouera pas deux fois.


Bref, si le pouvoir d’achat des salaires repassera dans le vert en 2024, pour l’ensemble du revenu des ménages, c’est une autre affaires, et disons-le une mauvaise affaire qui s’annonce.


Publié le lundi 16 octobre 2023 . 5 min. 23

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