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It’s the economy, stupid!

Tous les stratèges politiques connaissent cette phrase. Prononcée par un conseiller de Bill Clinton lors de sa campagne victorieuse en 1992, elle rappelle l’importance du choix des thèmes dans une campagne. Le candidat démocrate avait en effet pris le contre-pied de son challenger George Bush en concentrant ses discours sur l’économie quand le sortant se focalisait, lui, sur son bilan diplomatique.

Prenez le pouvoir d’achat, devenu le sujet de préoccupation numéro un des Français avant l’élection de 2022. Statistiques à l’appui, le Président-presque-candidat défend un point de vue en apparence inattaquable :

Si entre 2008 et 2018, le pouvoir d’achat a stagné ou presque, il a progressé deux fois plus rapidement sous son mandat que sous le quinquennat précédent.

L’OFCE assure que sur la période, le pouvoir d’achat a augmenté de 330 euros par an et par personne… L’Institut des politiques publiques évalue le gain à 397 euros par an, en moyenne bien sûr.

Mais pourquoi dès lors les Français sont-ils en majorité persuadés de s’appauvrir, bref, que l’Insee déforme la réalité, leur réalité ?

Bien sûr, les moyennes cachent des disparités. Mais notre stratégiste électoral pourrait aussi, à ce moment précis, utiliser la formule choc : c’est le ressenti, stupide !

On pourra soutenir que les Français sont dans le déni.

Mieux ou pire, qu’ils sont ingrats, chaque geste en faveur du pouvoir d’achat étant oublié selon le principe : « Bouchée avalée n’a plus de goût ».

On pourra encore démontrer que si les moyens stagnent, les aspirations à consommer, à posséder davantage, elles, progressent.

Une autre manière de comprendre ce ressenti, c’est de constater l’augmentation de la part des dépenses contraintes dans le budget des foyers, une augmentation qui donne l’impression d’être moins à l’aise dans ces choix de vie.

A cet égard, le logement est un exemple intéressant.

Sur les trente dernières années, les salaires augmentent sans conteste par rapport au prix des biens, mais ils baissent par rapport à celui de l’immobilier.

Le ratio prix des maisons sur salaire nominal par tête s’est accru de 30 % sur la période. Les prix de l’immobilier augmentant plus vite que les salaires, explique l’économiste Patrick Artus, « le poids des dépenses liées au logement devient excessif, la classe moyenne ne peut plus se loger dans les villes, les inégalités patrimoniales augmentent avec la hausse de la richesse de ceux qui sont propriétaires. »

Auteur de La Crise de l’abondance, François-Xavier Oliveau présente le débat sous un autre angle. Le temps de travail pour louer 1 m2 dans le parc privé est passé entre 1984 et aujourd’hui de 12 à 10 heures.

Autre constat : le poids du logement dans le budget des ménages croît. C’est a priori un élément de contrainte puisqu’il s’agit d’une charge incompressible.

Oui mais, nous dit François-Xavier Oliveau, cette part augmente en proportion parce que le reste – biens d’équipement, abonnements divers… – décroit.

Oui, mais la surface disponible par personne est passée entre 1970 et aujourd’hui de 23 à 40 m2.
Cette approche ne consiste pas à suggérer que tout va bien. Loin de là. L’accès des précaires et des jeunes au logement s’est dégradé, la fracture entre propriétaires et locataires s’est accrue…

Mais on perçoit bien la voie à suivre. Augmenter le pouvoir d’achat par un chèque inflation, pourquoi pas. Régler la question lancinante du mal logement, du déficit d’offre, de surrèglementation du secteur, c’est enclencher un cercle vertueux bien plus efficace pour accroître le niveau de vie.


Publié le mardi 14 décembre 2021 . 4 min. 28

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