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23/04/201504:29

En première lecture, les exportations françaises sont aux trois quarts composées de biens, des biens qui sont eux-mêmes à 90% manufacturés. Notre commerce extérieur apparait ainsi hyper-concentré sur les flux matériels. Le champ des services directement « échangeables » est très restreint, ce qui explique que l’on se soit longtemps focalisé sur les questions de compétitivité prix et hors prix de nos entreprises manufacturières. Le champ des services a en conséquence été très largement exclu de la réflexion. Pour autant, l’industrie a externalisé une large part sa production. De fait, nos exportations incorporent  toujours plus de composants et de services. Des composants et services produits en France ou à l’étranger, et le plus souvent dans d’autres secteurs d’activité. Une analyse pertinente de la compétitivité doit donc prendre en compte toutes les tâches et compétences  qui s’insèrent dans la chaîne de valeur d’un produit.

 

Dans le cas français, il faut d’abord rappeler qu’un bien exporté incorpore 25 % de composants et de services intermédiaires importés.  Cela signifie que la qualité de nos chaines d’approvisionnement et que la localisation géographique des activités sous-traitées jouent un rôle décisif dans la compétitivité de nos exportations. Une organisation de la production qui relève très directement des choix stratégiques de nos entreprises, et qui a une incidence directe sur les prix. Et pourtant, cet aspect, qui est à la jonction des compétitivités coût et hors coût, est absent des équations économétriques qui cherchent à expliquer l’évolution de nos parts de marché. Cette géo-localisation de la production a pourtant été décisive dans l’ascendant commercial pris par l’Allemagne au sein de la zone euro. Ce pays a su tirer tout le parti que lui offrait sa proximité géographique avec les pays « ateliers » à faible coût de l’Est de l’Europe. La diversification internationale des intrants peut aussi protéger partiellement un pays des effets du change sur sa compétitivité, puisque le prix des intrants évoluera le plus souvent dans le sens opposé des fluctuations du change.

 

Pour analyser notre compétitivité, il faut, dans un second temps, considérer qu’un bien exporté incorpore 36 % d’intrants nationaux. Des inputs qui ne proviennent pas des secteurs réputés exportateurs. C’est le cas des services amont dont la tarification agit très directement sur le coût de production de ce bien. Ce dont il faut prendre conscience, c’est que les services aux entreprises, d’ingénierie, de recherche et développement, de conseil, d’audit etc. mais aussi d’intérim, de transport, de logistique ou d’immobilier, jouent un rôle décisif dans la performance à l’exportation d’un pays.  Cela signifie aussi que la qualité des compétences mobilisées au sein de ces secteurs participe au niveau de gamme de nos exportations. Sur un troisième plan d’analyse, il faut souligner que seulement 39% de la valeur d’un bien vendu à l’étranger relève du secteur exportateur proprement dit. Cela ramène à son juste niveau une analyse simplificatrice qui ferait des compétitivités prix et hors prix du seul secteur manufacturier l’explication essentielle de nos performances à l’exportation. Ce n’est cependant pas négligeable, et mérite notre attention. Autrement dit, la formation des salaires, la fiscalité ou encore les paramètres financiers du secteur manufacturier demeurent des éléments importants de notre compétitivité-prix.  De même que son positionnement de gamme, le niveau de ses qualifications, l’intensité de ses dépenses en R&D continuent à jouer un rôle clé en matière de compétitivité hors-coût. Mais l’on a tort de trop se focaliser sur l’impact des investissements en R&D sur nos performances à l’export. Certes, cette lecture technologique de l’innovation convient bien à l’industrie manufacturière. Elle occulte néanmoins les autres dimensions stratégiques.  Il faut vraiment insister sur l’impact de la qualité du capital humain mobilisé dans les services, ou la qualité des chaines d’approvisionnement sans oublier les choix d’externalisation et de localisation.

 

Il faut enfin mentionner une dernière dimension de notre compétitivité, trop souvent ignorée. Je veux parler des prix et de la qualité de tous les services qui ne sont pas directement incorporés dans la chaine de valeur des biens exportés. C’est le cas de tous les services aux particuliers, du commerce, du logement, des services administrés et biens d’autres. Ils jouent incontestablement par ricochet sur la compétitivité. D’abord parce que leurs prix influencent le niveau des salaires exigés par les salariés des secteurs exposés. Ensuite, parce que la qualité de ces services participent à l’attractivité du territoire.

 

Le graphique Xerfi : Comprendre les sources de compétitivité de la France, une vidéo Xerfi Canal TV


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Mots clés : EconomieEconomie françaiseCompétitivitéSous-traitanceCommerce extérieurChaîne de valeur

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